En fonction de ce projet, la première étape consiste dans une « remise à niveau » individualisée du stagiaire, reposant sur un socle de base : savoir lire, s'exprimer, écrire, raisonner, compter, utiliser l'informatique et maîtriser quelques mots d'anglais. Une autre action vise à accompagner le jeune dans le règlement de problèmes annexes : difficultés familiales, de logement, de santé...
L'établissement dirigé par Lionel Urdy affiche, en raison de ses particularités, un taux de réussite de plus de 60 % de 1998 à fin 2005. Le potentiel des 1 500 entreprises partenaires est mobilisé par des chargés de mission issus des écoles de commerce de la région. Leur compétence est valorisée en amont par l'action des formateurs référents, chargés de la remise à niveau pédagogique des stagiaires. Chacun des stagiaires travaille selon sa propre progression et son propre plan de formation. En cas de « blocage », il bénéficie d'un entretien individuel qui peut aboutir, si besoin est, à une modification de l'approche pédagogique. Enfin, des « médiateurs de la vie collective » assistent les stagiaires dans leurs problèmes personnels.
Le résultat visé est clair : soit l'insertion professionnelle directe par la signature d'un contrat de travail, soit l'entrée en CAP ou en BEP nécessaire pour se présenter sur le marché de l'emploi. La bataille de l'école de Marseille n'est pas, comme dans l'Education nationale, l'obtention du diplôme, mais la reconnaissance de compétences pour une validation des acquis de l'expérience.
La Commission européenne, dans son rapport dédié aux écoles de la deuxième chance, relève qu'elles sont parvenues à réinsérer 94 % des 4 000 jeunes qui étaient dépourvus de qualification. La Commission juge donc la méthode « rentable pour la réinsertion des jeunes sans qualification ni compétences ».
A Marseille, le projet de l'« E2C » consiste, en partenariat avec IBM, à étendre son projet de 1 000 à 1 500 jeunes chaque année, ce qui suppose l'installation de 25 à 30 lieux de formation en réseau dans la région PACA. Une phase de test a été engagée il y a un an, dont les résultats sont attendus prochainement. S'ils sont comparables à ceux déjà obtenus par l'école, le système pourrait être généralisé sur tout le territoire et « pour un coût unitaire annuel inférieur à celui d'un collégien », suggère la Fondation pour l'innovation politique, se faisant l'écho de cette expérience.

> Sur le site de la Fondation