Monique Sassier constate pourtant les efforts considérables accomplis ces dernières années : 72 000 places de crèche ont été financées entre 2002 et 2008, les entreprises sont éligibles aux aides à la création de crèches et la profession d'assistante maternelle a été revalorisée. Mais cela n'empêche pas les besoins non couverts d'avoisiner 20% des demandes, selon une étude réalisée par le Centre d’analyse stratégique en novembre 2006. La raison majeure réside dans les profonds changements qui affectent la société, en particulier les femmes. Les horaires de travail, les modes de vie décalés engendrent une très grande diversité de situations, qu'un service public au fonctionnement très réglementé ne peut pas satisfaire. Monique Sassier suggère donc une organisation plus souple : un cadre national pour l'accueil des enfants, cadre qui définirait, voire labelliserait, les différents modes de garde, dans le souci de laisser aux acteurs concernés le choix d'agir librement.
Monique Sassier relève que le secteur associatif a fait ses preuves, que les entreprises peuvent à leur tour s'impliquer à condition d'assouplir les règles de fonctionnement applicables aux petites entreprises.
Assouplissement donc, et simplification, puisque le recours aux aides à domicile est administrativement très complexe. « Il serait préférable de mettre en place un dossier unique pour tous les modes de garde, prévoyant des compléments de financement spécifiques en fonction du mode de garde choisi », suggère Monique Sassier, convaincue par ailleurs que le bénéfice de l'accueil des enfants doit être étendu aux femmes en recherche d’emploi ou en formation et non pas limité aux seules femmes actives. Les assistantes maternelles et les aides à domicile devraient bénéficier de passerelles et d'équivalences leur permettant de s'occuper, selon les besoins et leurs envies, des enfants, des personnes âgées et des personnes handicapées.
> Sur le site de la Fondation