Zaki Laïdi, chercheur au CERI et professeur à l'IEP de Paris s'est montré formel : « il n'y a pas d'alternative globale au système de marché » et l'enjeu, pour les économies occidentales, n'est pas de se protéger ou bien de s'adapter, mais de se protéger en s'adaptant et réciproquement. Concernant la France, Zaki Laïdi a rappelé, ce qu'on oublie trop souvent, qu'elle est déjà « très intégrée à la mondialisation » et qu'elle dispose de nombreux atouts, en particulier une attractivité liée à la qualité de sa main d'œuvre.

Cette attractivité fonctionnerait mieux si on « libérait le travail », a affirmé Hervé Novelli, en soulignant « l'appétence française pour la protection ». Un état d'esprit spécifique, qu'il explique ainsi: les Français sont avides de protection parce que les résultats économiques de la France sont un échec. Le taux et la durée du chômage y sont supérieurs à la moyenne européenne, et les réformes structurelles dont le pays a besoin à ses yeux (abrogation de la durée légale du travail, réforme des universités et adossement des centres de recherche à des entreprises) trop lentes à se mettre en place. Pour lui, les deux modèles économiques qui marchent sont le modèle anglo-saxon et le modèle nordique « qui ont en commun la flexibilité du travail », a-t-il conclu.

Harlem Désir pourrait le suivre à propos du modèle nordique, qui ne sacrifie pas l'intervention de la puissance publique, mais il s'est montré plus soucieux des inégalités créées par la mondialisation, en raison « d'ajustements brutaux » exigés par des visions à court terme du marché. Pour lui, la France, voire l'Europe devrait appliquer le principe d'exception culturelle à d'autres secteurs, comme celui des services publics comme, par exemple, la distribution de l'eau. Autrement dit, préserver une hiérarchie entre les normes mondiales et européennes afin de peser sur le cours de la mondialisation. Pour lui, il reste « un espace pour des politiques nationales », le rôle de l'Etat ne pouvant pas « se limiter à s'adapter ».

Jean Arthuis, auteur en 1993 d'un rapport sur la mondialisation, propose quelques pistes pour la France, consistant à « taxer la consommation », qui concerne désormais essentiellement des biens d'importations, pour financer les dépenses de santé et la politique familiale, celles-ci reposant aujourd'hui sur les salaires. En d'autres termes, il préconise une TVA sociale, réfutée par Hervé Novelli qui se refuse à croire à un « miracle fiscal ». La TVA sociale pourrait casser la croissance, avance le député UMP, satisfait d'avoir convaincu Nicolas Sarkozy de ne pas l'inscrire à son programme.

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