Cette étude, coordonnée par Elvire Fabry, directeur Europe-International de la Fondation, sera au centre de la demi-journée d'études organisée en partenariat avec le Centre d’Etudes européennes de Sciences Po le mercredi 21 mars 2007 dans les anciens locaux de l'ENA de 15h à 19h (13, rue de l’Université, Paris 7e) et mise en ligne le même jour sur le site de la Fondation (www.fondapol.org).

La synthèse s'en annonce délicate, car des différences de perception assez importantes selon les pays sont observées.

En premier lieu, à l'exception notable de la France, la mondialisation est vécue comme un processus positif, surtout en Suède. L'Estonie, l'Allemagne et l'Espagne y voient l'occasion d'accroître leur potentiel économique (notamment en Amérique latine pour l'Espagne). La Pologne demande une présence réelle de l'Etat et le Royaume-Uni associe la mondialisation à des menaces significatives pour l'identité nationale, l'emploi et l'immigration. En France, où les personnes interrogées sont plus pessimistes sur l'avenir global de la société que sur leur avenir personnel, l'appréciation est beaucoup plus critique qu'ailleurs, notamment en raison de la montée d'une opposition des sympathisants de gauche à la construction européenne, soupçonnée de renforcer la « mondialisation libérale ». Raison pour laquelle les ONG altermondialistes sont considérées en France comme des forces idéologiques de nature à influencer les choix politiques, beaucoup plus que dans les autres pays étudiés.

Globalement cependant, la « société civile européenne », surtout lorsqu'elle s'occupe de dialogue social, joue un rôle plus conséquent qu'au niveau national. Pour réguler la mondialisation, l'ensemble des Européens, qu'il s'agisse des 16-29 ans comme des 30-50 ans, accordent davantage leur confiance aux institutions internationales et à l'Union européenne qu'à leur gouvernement national. L'UE inspire d'ailleurs plus confiance aux jeunes, en particulier au Royaume-Uni, en Pologne et en Estonie, pays dotés d'une économie très libérale. Une régulation européenne est aussi relativement attendue en Suède, en Allemagne et en Espagne, beaucoup moins en France et en Italie où on espère plus de la part de l'OMC. La demande d'une régulation européenne porte surtout sur l'environnement et l'immigration, sur le registre d'une plus grande solidarité pour faire face aux enjeux de la mondialisation.

Même dans les pays à économie très libérale, comme la Pologne et l'Estonie, l'Etat providence est réclamé, en particulier dans le sens d'une convergence vers le haut des systèmes de protection sociale.

Les Français sont ceux qui privilégient le plus l'Etat providence au détriment de l'abaissement des impôts, dont la fonction redistributive rassure plus qu'un modèle de société qui valorise la performance individuelle. Ils sont aussi ceux qui se montrent le plus en faveur de la protection des entreprises nationales, les Suédois et les Britanniques étant aux contraires plus ouverts à la concurrence, dans un contexte général où l'Europe est plutôt contre le protectionnisme économique. Les Européens sont en tout cas moins protectionnistes que les Américains et les Japonais en dépit de la crainte de perte d'emplois exprimée très fortement en Allemagne et en France.

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