L’identité nationale, ça se construit
Mardi 13 mars 2007 :: Economie et Société :: Lien permanent :: RSS
La proposition de Nicolas Sarkozy de créer un ministère de l'immigration et de l'identité nationale redonne toute son actualité à la réflexion menée sur le sujet par la Fondation pour l'innovation politique, à l'issue d'une mission à New York et à Washington menée du 25 janvier au 1er février 2006 par Cécile Chavel, Franck Debié et Jérôme Monod. Publiée en mars 2006, cette étude, intitulée « Intégration et appartenances en Amérique du Nord » conclut à quelques propositions, tirées des pratiques et des limites de l'intégration aux Etats-Unis, susceptibles d'être appliquées en France.
L'idée d'une « formation à la conscience de l'identité et de la différence » figure en bonne place, déclinée en mesures concrètes, telle l'enseignement de « toutes les grandes traditions religieuses au titre d'une culture générale sur l'humanité ». Les auteurs insistent aussi sur la nécessité d'enseigner l'histoire et la civilisation de la France ainsi que celle des pays d'origine, notamment, suggèrent-ils, « par le biais des œuvres littéraires et artistiques » et sans occulter les réalités du racisme, de la colonisation, de l'esclavage, des mouvements de résistance et des droits de l'homme.
Une autre de leur préconisation consiste à enseigner dans les quartiers les grandes langues de l'immigration que sont l'arabe littéraire, le chinois, le mandarin, le khmer et le vietnamien en même temps que le français et qu'une initiation précoce à l'anglais.
La contribution de Cécile Chavel, psychanalyste, nourrit les propositions destinées à former les populations nouvelles « à la tolérance et aux comportement sociaux ». Dès l'école primaire, par des exercices pratiques, et grâce à l'appui de manuels de développement personnel, il s'agit d'apprendre aux enfants – et à leurs parents – à écouter l'autre, à résoudre les conflits dans le dialogue, à accepter les conclusions d'une majorité après délibération... mais aussi, préalable élémentaire, à respecter les règles de politesse à l'école. La Fondation insiste sur l'instauration d'un « rituel républicain d'accueil dans la nation au moment de la majorité ».
Si l'école est le lieu privilégié de l'intégration – ou peut-être de l'identité nationale, si le concept d'intégration devait être jugé inopérant – l'expérience américaine a également conduit les auteurs de cette étude à se pencher sur les adultes immigrés. En proposant aux candidats à la naturalisation un pacte fondé sur « l'attachement individuel à la France et le respect du pays d'origine », notamment à travers le respect du principe de double nationalité. Les emblèmes de la patrie que sont le drapeau et l'hymne national, ses traductions concrètes que sont la langue française et l'instruction civique doivent être compris, respectés et pratiqués, avec l'aide des associations de migrants, encouragées à mettre en place des « écoles de conduite », comme c'est souvent le cas dans les communautés hispaniques aux Etats-Unis. Pour John Fonte, de l'Hudson Institute, « il faut faire renaître la fierté nationale de tous en France », l'identité française ayant toujours été « plus nationale que culturelle ou religieuse, du fait de l'héritage colonial ». Selon lui, les immigrés « doivent pouvoir partager cette fierté », la difficulté résidant surtout au sein de la troisième génération des immigrés musulmans qui, lui semble-t-il, « développe une fausse identité, ni française ni musulmane, hybride et agressive ».
Les spécialistes des Latino-Américains ont insisté sur l'idée que les étrangers naturalisés doivent être encouragés à s'inscrire sur les listes électorales et à se porter candidats aux élections, ce qui n'est pas assez souvent le cas chez les Hispaniques outre-Atlantique, regrettent-ils.
L'expérience américaine a conforté les auteurs dans l'idée que la prévention reste essentielle contre la violence dans les quartiers défavorisés, assortie du « respect des différences légitimes », de la « lutte contre les discriminations » et, plus globalement de la promotion d'une culture de « l'accommodement raisonnable » des différences respectant à parts égales le pays et la culture d'origine d'une part, la France d'autre part.
Une autre de leur préconisation consiste à enseigner dans les quartiers les grandes langues de l'immigration que sont l'arabe littéraire, le chinois, le mandarin, le khmer et le vietnamien en même temps que le français et qu'une initiation précoce à l'anglais.
La contribution de Cécile Chavel, psychanalyste, nourrit les propositions destinées à former les populations nouvelles « à la tolérance et aux comportement sociaux ». Dès l'école primaire, par des exercices pratiques, et grâce à l'appui de manuels de développement personnel, il s'agit d'apprendre aux enfants – et à leurs parents – à écouter l'autre, à résoudre les conflits dans le dialogue, à accepter les conclusions d'une majorité après délibération... mais aussi, préalable élémentaire, à respecter les règles de politesse à l'école. La Fondation insiste sur l'instauration d'un « rituel républicain d'accueil dans la nation au moment de la majorité ».
Si l'école est le lieu privilégié de l'intégration – ou peut-être de l'identité nationale, si le concept d'intégration devait être jugé inopérant – l'expérience américaine a également conduit les auteurs de cette étude à se pencher sur les adultes immigrés. En proposant aux candidats à la naturalisation un pacte fondé sur « l'attachement individuel à la France et le respect du pays d'origine », notamment à travers le respect du principe de double nationalité. Les emblèmes de la patrie que sont le drapeau et l'hymne national, ses traductions concrètes que sont la langue française et l'instruction civique doivent être compris, respectés et pratiqués, avec l'aide des associations de migrants, encouragées à mettre en place des « écoles de conduite », comme c'est souvent le cas dans les communautés hispaniques aux Etats-Unis. Pour John Fonte, de l'Hudson Institute, « il faut faire renaître la fierté nationale de tous en France », l'identité française ayant toujours été « plus nationale que culturelle ou religieuse, du fait de l'héritage colonial ». Selon lui, les immigrés « doivent pouvoir partager cette fierté », la difficulté résidant surtout au sein de la troisième génération des immigrés musulmans qui, lui semble-t-il, « développe une fausse identité, ni française ni musulmane, hybride et agressive ».
Les spécialistes des Latino-Américains ont insisté sur l'idée que les étrangers naturalisés doivent être encouragés à s'inscrire sur les listes électorales et à se porter candidats aux élections, ce qui n'est pas assez souvent le cas chez les Hispaniques outre-Atlantique, regrettent-ils.
L'expérience américaine a conforté les auteurs dans l'idée que la prévention reste essentielle contre la violence dans les quartiers défavorisés, assortie du « respect des différences légitimes », de la « lutte contre les discriminations » et, plus globalement de la promotion d'une culture de « l'accommodement raisonnable » des différences respectant à parts égales le pays et la culture d'origine d'une part, la France d'autre part.
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> A lire sur le site de la Fondation
Intégration et appartenances en Amérique du Nord (Etude, rapport de mission à New York et à Washington, par Cécile Chavel, Franck Debié et Jérôme Monod, mars 2006)
L'accommodement raisonnable et la reconnaissance comme politique d'intégration (Point de vue par Jocelyn Maclure, mai 2006)
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Nos propositions en débat
Commentaires
1. Le Mardi 13 mars 2007 à 20:23, par anne
2. Le Samedi 17 mars 2007 à 11:11, par wiro
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