Retrouver le « bon sens » démocratique
Lundi 12 février 2007 :: Economie et Société :: Lien permanent :: RSS
La campagne présidentielle est en France l’occasion pour beaucoup de faire état d’une crise du politique, d’une « perte des repères et des valeurs » et de décrire une société politique immergée dans le relativisme et la défiance.
Raymond Boudon a exprimé une position contraire lors de la conférence donnée à la Fondation pour l’innovation politique le 28 janvier dernier à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage Renouveler la démocratie. Eloge du sens commun (Odile Jacob, 2006). Dans cette période marquée par le « brouillage des grands principes de la démocratie » (multiplication de lois non suivies d’application, développement de politiques compassionnelles, étiolement de la démocratie représentative au profit d’une démocratie participative…), il lui paraît possible de « retrouver la puissance des principes qui fondent la démocratie » et de réactiver le pouvoir qui appartient à chaque républicain. Pourquoi ? « Parce que les citoyens sont animés individuellement par le bon sens et témoignent collectivement de sens commun ».
C’est ainsi que les philosophes des Lumières théorisaient la démocratie représentative : les citoyens, investis du vrai pouvoir politique, agissent comme des « spectateurs impartiaux » et participent à la « volonté générale ». Certains phénomènes sociaux, juridiques ou politiques actuels répondent à cette logique. L’idée d’un impôt sur le revenu progressif, mais modérément progressif, est aujourd’hui devenue une idée consensuelle, légitimée par « un système de raisons solides qu’approuverait le spectateur impartial ». De même, la généralisation du principe de la séparation des pouvoirs (pouvoirs politiques, bureaucratiques, sociaux, médiatiques…) est aujourd’hui revendiquée par la majorité des citoyens. La grille de lecture que propose la philosophie des Lumières permet également de comprendre certaines évolutions sociales : l’adoucissement tendanciel des peines, l’abolition de la peine de mort, la libéralisation des mœurs, ou le nouveau militantisme de l’opinion publique en faveur du mariage homosexuel… Voilà autant d’évolutions qui témoignent, selon Raymond Boudon, d’un « processus de rationalisation diffuse ». Ainsi, loin de renforcer l’impression d’une « perte de repères », certaines évolutions répondent à une logique de rationalisation et de consensus autour d’un bon sens démocratique.
Ce constat conduit à conforter la démocratie représentative. Si la France s’en est un temps écartée au profit d’une « démocratie de compromis » ou de « politiques compassionnelles », il reste possible, selon Raymond Boudon, de « renforcer l’ossature de la démocratie ». À condition de se garder des mirages de la démocratie participative, et de jouer la carte de la démocratie représentative.
C’est ainsi que les philosophes des Lumières théorisaient la démocratie représentative : les citoyens, investis du vrai pouvoir politique, agissent comme des « spectateurs impartiaux » et participent à la « volonté générale ». Certains phénomènes sociaux, juridiques ou politiques actuels répondent à cette logique. L’idée d’un impôt sur le revenu progressif, mais modérément progressif, est aujourd’hui devenue une idée consensuelle, légitimée par « un système de raisons solides qu’approuverait le spectateur impartial ». De même, la généralisation du principe de la séparation des pouvoirs (pouvoirs politiques, bureaucratiques, sociaux, médiatiques…) est aujourd’hui revendiquée par la majorité des citoyens. La grille de lecture que propose la philosophie des Lumières permet également de comprendre certaines évolutions sociales : l’adoucissement tendanciel des peines, l’abolition de la peine de mort, la libéralisation des mœurs, ou le nouveau militantisme de l’opinion publique en faveur du mariage homosexuel… Voilà autant d’évolutions qui témoignent, selon Raymond Boudon, d’un « processus de rationalisation diffuse ». Ainsi, loin de renforcer l’impression d’une « perte de repères », certaines évolutions répondent à une logique de rationalisation et de consensus autour d’un bon sens démocratique.
Ce constat conduit à conforter la démocratie représentative. Si la France s’en est un temps écartée au profit d’une « démocratie de compromis » ou de « politiques compassionnelles », il reste possible, selon Raymond Boudon, de « renforcer l’ossature de la démocratie ». À condition de se garder des mirages de la démocratie participative, et de jouer la carte de la démocratie représentative.
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> A lire sur le site de la Fondation
Renouveler la démocratie. Mode d’emploi (Etude de Raymond Boudon, février 2007)
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Nos propositions en débat
Commentaires
1. Le Jeudi 15 février 2007 à 17:30, par eric-m-ump
2. Le Samedi 17 février 2007 à 11:31, par eric-m-ump
3. Le Samedi 17 février 2007 à 11:37, par eric-m-ump
4. Le Mardi 6 mars 2007 à 09:26, par OZANON Jean-Paul
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