« La proximité du peuple libanais avec les idéaux européens, son engagement permanent en faveur de la souveraineté, la place privilégiée de Beyrouth dans les rapports euro-méditerranéens sont autant de facteurs qui plaident pour un investissement total et continu de l'Union européenne en faveur du Pays du Cèdre », plaide-t-il, avant de passer à des suggestions concrètes. Ainsi, dans le conflit frontalier qui oppose le Liban et la Syrie, propose-t-il que l'UE, en coordination avec les Nations-Unies, prête son concours, voire son arbitrage, pour établir une frontière définitive entre les deux pays. Il revient aussi à L'Europe de veiller au refus de tout projet d'implantation définitive des Palestiniens au Liban « qui aurait pour issue funeste un déséquilibre confessionnel définitif au Liban en défaveur des chrétiens ». Le processus de Barcelone est un autre levier politique : « Le Liban doit être considéré comme un partenaire particulièrement privilégié : il est clair que les chances de la démocratie, du pluralisme, du développement intellectuel et social au Proche-Orient et dans le monde arabe aboutiraient plus facilement si elles s'appuient sur le modèle libanais, véritable creuset historique des deux rives de la Méditerranée », écrit François Costantini.

Le corollaire à ce soutien politique réside dans une « politique de fermeté à l'égard de la Syrie ». A l’inverse de ce que préconisent nombre de think tanks américains et israéliens, qui pensent que la paix régionale passe par Damas, pour François Costantini, il faut au contraire conditionner toute politique de coopération de l'UE avec la Syrie à son attitude à l'égard du Liban. Les moyens de pression existent: un accord d'association est en débat, les aides prévues par le partenariat euro-méditerranéen peuvent être suspendues... Enfin, François Costantini estime que l'enquête internationale sur l'assassinat de Rafic Hariri doit être étendue aux autres assassinats et que les résolutions engagées par le Conseil de sécurité de l'ONU à la suite de cet assassinat doivent être appliquées « quelles qu'en soient les conséquences politiques et stratégiques ». L'Europe doit donc apporter son soutien matériel aux enquêtes en cours. Et appuyer la tenue d'un tribunal international.